vendredi 11 septembre 2009

De la blondeur au Brésil

Qu'est-ce donc qu'être blond ? Au Brésil, être blond c'est être tout sauf brun et roux... c'est à dire châtain aussi ! Souvent dans les discussions ici, être blond s'apparente aussi à etre châtain-clair voire tout simplement châtain.

La nuance vient probablement du fait que comme dans beaucoup de pays latino ou encore maghrebins, le Brésil ne compte qu'une bien petite minorité de "vrais" blonds, une infinité de blonds "platine", et d'ailleurs quasiment pas de roux. La carte ci-dessous illustre les études de Peter Frost sur le sujet de la blondeur appliquées au territoire européen et à sa proche périphérie:

D'autre part, la blondeur est largement plus présente en occident, particulièrement aux États-Unis, or ce que l'on voit sur le petit écran ou au cinéma est en grande partie en provenance de ces contrées. En consequence, la blondeur est dans un pays comme le Brésil une notion à la fois relativement absente (dans les faits) et malgré tout présente (dans les mœurs). De même, sa rareté de facto fait qu'elle est très valorisée, la brésilienne étant davantage brune qu'autre chose.

Étant donné l'importance donnée à la blondeur ici, et sa relative absence du territoire brésilien, l'acception de blondeur a probablement subi une extension abusive. Cette extension abusive a peut-être été la conséquence de la réalité dictée par les médias occidentaux (télévisions, cinémas) et a fini par recouvrir une réalité plus large que ce qu'elle devrait... Un peu comme s'il fallait inconsciemment retrouver un quota de blondeur dans son propre pays afin de coller aux critères occidentaux ?

L'extension de la blondeur s'est logiquement fait du coté du châtain : tout ce qui est châtain-clair ou légèrement éclairci, naturel ou pas, complètement ou par endroits... est consideré comme blond.

Voila pourquoi, entre nous, ma compagne brésilienne est considerée comme blonde au Brésil, et dont la chevelure est en France odieusement "retrogradée" au rang de châtain-clair. À vous de juger avec ce maladroit découpage de sa dernière apparition dans Voici / Cara (lol) :


Par ailleurs et histoire d'éculer ce que certains savent peut-être déjà, en Amérique du Sud et au Brésil plus on descend vers le sud et plus la blondeur se fait réellement présente. Il n'y a qu'à voir Gisele Bunchen pour s'en convaincre, celle-ci est originaire du Sud du Brésil.

Le constat de la blondeur est valide dans l'autre sens: une francaise blonde au sens francais du terme, qui voyagerait au Bresil pourra y avoir la certitude d'y être remarquée ! Et une française à la chevelure passerait possiblement ici pour une blonde. Mutatis mutandis, mes amies françaises et/ou européennes ayant habitée au Maroc pouront confirmer cet état de fait.

Un mot en passant sur la chevelure de la femme brésilienne : les brésiliennes ne cachent son importance dans leur pays, c'est un aspect de la féminité encore plus fort ici qu'ailleurs. Idéalement au Brésil, la chevelure féminine doit être lisse, longue, et bien sûr si possible blonde.

Une chevelure qui respecterait de tels critères aurait de fortes chances d'aider la dame à accéder à un certain niveau social. Le constat peut paraître machiste mais il là qu'un regard amusé sur la différence. Il est amusant de constater la fréquence à laquelle les hommes des classes supérieures paradent accolés à des compagnes d'une blondeur qui n'a rien à envier à celle d'une poupée barbie ! Attention, je n'ai pas dis que ceux-là paradent avec des barbies.

Quoiqu'il en soit, profitons de la blondeur mais avec modération, après tout, la blondeur est paraît-il une contingence et elle est peut-être vouée à disparaître vers 2200 de notre ère. Et puis, qui pourrait se passer de nos chères têtes blondes?

mercredi 26 août 2009

Le véritable Péril Brésilien

Le Brésil ne compte guère de grands dangers :

- pas de danger avec les tsunamis, quoiqu'une longue et grosse vague appelée pororoca remonte bien le fleuve de l'Amazone depuis son embouchure,

- pas de danger avec les séismes, quoique la terre parfois s'écroule sur la route entre Rio de Janeiro et Santos, la Rio-Santos, voire sur le métro paulistano et sa ligne jaune quand l'étude préalable du terrain a mal été menée,


- pas de danger avec l'eau en général, quoiqu'il y a bien quelques vidourlades et innondations de temps en temps au Santa Catarina ou en Amazonie. Mais il faut bien se mettre à la place de celle-ci, les désastres ne sont qu'une réaction épidermique aux agressions en tout genre : barrages, déforestation, etc.



- pas de danger avec les cyclones et grands vents, quoiqu'il y a bien parfois quelques grosses tempètes sur le littoral du sud du pays...


- pas de danger de températures extrêmes non plus, quoique Manaus et Cuiabá sont considérées comme des villes au climat très très chaud.


Non le plus grand péril est ailleurs, vilement préparé pendant cinq siècles, cette force majeure n'est autre que:

La Femme Brésilienne !


C'est un fait qui, par son ampleur et son importance, mérite que l'on s'y penche quelque peu, la femme brésilienne c'est un peu de tout ça :

- cela péril survient avec une fréquence élevée, bien plus élevée que l'on ne l'imagine. Cela arrive souvent, il se murmure que des millions y succombent,

- c'est un chant de sirène qui vient à bout de bien des corsaires, même l'Ulysse le plus libre ne saurait trop se méfier de ce chant de sirènes, capable de faire chavirer les navires et les cœurs,

- c'est une mélodie qui pacifie _ sous condition de naufrage _ contrairement à la version d'Homère dans l'Odyssée,

- ce péril revêt une importance sous-estimée dans la société brésilienne, et un peu aussi il est vrai dans l'image que l'on peut en avoir à l'étranger,

- c'est un changement majeur dans la vie de ceux qui doivent y être confrontés. Etant donné que le divorce n'est guère envisageable au Brésil pour motif religieux, ce "péril brésilien" n'est pas censé arriver trop souvent et donc il se doit d'être majeur,

Enfin, Oscar Niemeyer lui-même confirme implicitement cette puissante emprise, indiquant que les lignes courbes et sensuelles de ses oeuvres sont un hommage au corps de la Femme Brésilienne.


Bien sûr, je dédie ce billet à ma tendre sirène, et remercie Circé de m'avoir omis.

lundi 3 août 2009

Inégalités sociales au Brésil

Commencer un blog en critiquant les aspects négatifs du Brésil n'est pas mon propos, néanmoins je souhaite commenter l'aspect le plus frappant de ce pays dans lequel je réside.

Au-delà de grands discours, une simple photo est bien plus explicite:


Selon l'indice de Gini, le Brésil est quasiment le pays présentant les plus fortes inégalités en terme de concentration de richesse, à ce niveau de développement. Pour mieux saisir l'importance de l'indice Gini, plus d'informations sont disponibles sur wikipédia.

Le Brésil se situe à un niveau de 59,1 et pour ce niveau de développement, seule l'Afrique du Sud se situe à un tel sommet, avec 59,3.

Il est surprenant de voir que ces deux pays sont arrivés à ce triste résultat alors même qu'ils ont une histoire de négation de leur peuples africains: le parallèle est inévitable et la comparaison pourra faire l'objet d'un autre billet.

Macabre compétition que se livrent indirectement ces deux challengers, à la différence près que le peuple brésilien semble avoir un degré d'acceptation bien plus grand de ce genre d'inégalité.

Pour autant, les chiffres ne doivent pas cacher la solidarité qui existe, notamment la solidarité familiale.

PS: Merci à Henrique Galvão pour le cliché.

dimanche 12 avril 2009

Bienvenue au Brésil

São Paulo

Voici le premier cliché que j'ai pris quand je suis arrivé en 2005 au Brésil.

Je n'y avais pas encore posé les pieds que je ne pouvais qu'en constater la démesure :


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